Les circonstances exceptionnelles d’intervention de l’ONIAM

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L’ONIAM est un organisme crée en 2002 pour indemniser les victimes d’accidents médicaux sans faute, au titre de la solidarité nationale.

Les critères de gravité de l’intervention de l’ONIAM

Pour être indemnisé, le dommage doit être grave. Les seuils habituels sont :

  • Incapacité permanente > 24%

  • Arrêt de travail ≥ 6 mois consécutifs, ou non consécutifs sur 1 an

  • Déficit temporaire ≥ 50% pendant 6 mois consécutifs, ou non consécutifs sur 1 an

Exceptionnellement, l’ONIAM est compétent en cas :

  • D’inaptitude professionnelle définitive

  • De troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence (TPGCE)

Ces critères servent à ne pas fermer la porte à toute indemnisation pour les victimes d’accidents médicaux non fautifs qui sont dans des cas particuliers et ne franchissent pas les seuils de compétence. Ils sont tout de même appréciés de façon très restrictive.

Focus sur l’inaptitude professionnelle définitive

L’inaptitude doit être formellement constatée par le médecin du travail, la commission de réforme ou un organisme compétent selon le statut de la victime.

La victime doit être incapable de reprendre son métier, une inaptitude temporaire ne suffit pas.

Il faut que l’inaptitude résulte directement de l’acte médical en cause.

La victime doit produire des éléments :

  • certificats médicaux

  • avis du médecin du travail

  • `décision de licenciement pour inaptitude

  • décision de commission médicale…

Ce critère est strictement encadré et apprécié avec rigueur par l’ONIAM et par les juges.

Focus sur les troubles particulièrement graves, y compris économiques, dans les conditions d’existence

Les TPGCE, concernent un accident médical bouleversant gravement la vie quotidienne de la personne.

Les juges regardent au cas par cas l’impact sur la vie personnelle, familiale, sociale et économique.

Les juges retiennent l’existence de troubles particulièrement graves en cas de :

  • Impact global et sériel sur le quotidien de la personne

Les juges regardent tous les impacts concrets : quotidien, travail, famille, amis, finances. Ils procèdent à une comparaison de la vie de la personne avant et après accident (perte d’indépendance, besoin d’aide constante, projets de vie arrêtés, chute dans la pauvreté).

  • Gravité « exceptionnelle »

Les TPGCE sont pour les cas hors normes, pires que les accidents médicaux habituels (déjà indemnisés par d’autres critères). Même des séquelles sérieuses restent « ordinaires » si elles ne bouleversent pas totalement l’existence.

  • Bouleversement professionnel

Cas où les juges font droit à la demande d’indemnisation au titre des TPGCE :

Dans ces cas, les faits montrent un bouleversement global et durable du quotidien de la personne :

  • Cas 1 : Une personne souffre de douleurs chroniques très fortes, avec des gênes permanentes dans la vie de tous les jours, perte d’autonomie, abandon de nombreuses activités et traitements médicamenteux lourds.

  • Cas 2 : Plusieurs opérations pour un décollement de rétine entraînent la perte totale de la vue d’un œil (œil inerte et très inesthétique, sans solution), avec un fort impact sur le travail, l’apparence et le quotidien.

Cas où les juges ne font pas droit à la demande d’indemnisation au titre des TPGCE :

Dans ces cas, malgré des séquelles sérieuses, l’impact sur la vie réelle n’est pas assez prouvé ou bouleversant.

  • Cas 1 : Paralysie faciale complète (maximale, irréversible) après une chirurgie pour cancer du sein, plus dépression, rupture conjugale et image dégradée de soi.

  • Cas 2 : Une intervention chirurgicale laisse des séquelles qui limitent les chances de retrouver un emploi ; mais la personne n’avait pas d’activité pro avant (licenciement économique en 2012), pas d’inaptitude définitive, retour à domicile en 2 mois, autonomie préservée.

  • Cas 3 : Hystérectomie avec ablation des ovaires → complications (fistule, infection rénale grave) ; aménagements au travail + baisse de salaire, mais pas d’inaptitude définitive.

  • Cas 4 : Paralysie de la main surajoutée à un handicap antérieur lourd ; autonomie globale maintenue (aide très limitée), pas de répercussion professionnelle, pas de changement majeur par rapport à avant.

  • Cas 5 : Douleurs importantes + limitations fonctionnelles marquées ; mais incapacité permanente < 20%, autonomie pour les gestes essentiels sans aide extérieure, certaines douleurs non liées directement à l’accident.




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